Après la Ch’ti, Castelain surfe sur les tendances du marché de la bière

Castelain joue crânement sa carte de brasseur indépendant dans un univers dominé par les majors. L’entreprise familiale de Bénifontaine, près de Lens, met sur le marché trois nouvelles bières, dont une nouvelle marque, dans des segments porteurs, pour conforter son positionnement de niche. Avec moins de 100.000 hectolitres de bière brassée par an, pour un chiffre d’affaires de 14,5 millions d’euros, Castelain est un nain sur un marché national de 20 millions d’hectos. Mais la société est un acteur important des bières de spécialité et de garde. Son produit phare, la Ch’ti (50 % de ses volumes), fête ses quarante ans, tandis que sa bière bio Jade fut la première à être lancée sur le marché en 1986 et demeure un gros succès, avec plus de 20 % des parts de marché de la bière bio en France.

Pour redynamiser l’entreprise, son nouveau dirigeant, Nicolas Castelain, représentant de la troisième génération, lance concomitamment plusieurs produits qui devraient permettre un fort relais de croissance. Sur le marché de la bière sans alcool, en poussée de 25,4 % sur un an, la société propose désormais une Jade bio à zéro pour cent d’alcool, mais dont le procédé de fabrication permet de préserver au mieux les arômes. Dans sa gamme premium de marque Castelain, l’entreprise a développé des bières vieillies en fût de chêne (bourgogne blanc et rouge), en vue de pénétrer un marché des cavistes sur lequel elle est très peu présente. C’est dans le même objectif que la brasserie nordiste s’offre une quatrième marque, la Cadette, réservée au secteur hors foyer, à l’événementiel et aux réseaux cavistes. Trois premières déclinaisons sont déjà disponibles, en blonde, fruits rouges et IPA (fortement houblonnée).

Pour compléter le tableau, Castelain a aussi voulu fêter les quarante ans de sa marque fétiche par une série limitée signée par l’artiste Skwak.

« Le marché est euphorique et nous nous développons plus vite que lui, à raison de 20 % par an depuis quatre ans », se réjouit Nicolas Castelain, qui ne s’inquiète pas d’un excès d’offre pour le moment : la consommation de bière des Français, soit 30 litres par an, avant-dernier rang européen, laisse, selon lui, de belles marges de progression, pour des produits de haute qualité. « La clef du succès, c’est le goût, le goût et le goût ! »

En parallèle, la PME va investir 1,1 million d’euros dans de nouvelles cuves, mais aussi dans un nouveau parc de fûts et dans une houblonnière expérimentale. De manière générale, Castelain investit de 7 à 15 % de son chiffre d’affaires tous les ans.

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