Aux Philippines, une loi va faciliter les achats d’or de la banque centrale

La banque centrale des Philippines va pouvoir remplir ses coffres-forts de lingots d’or un peu plus aisément.  Le président Rodrigo Duterte a signé une loi qui exempte les petits producteurs miniers philippins de toute taxe et impôt lorsqu’ils vendent leur or à la « Bangko Sentral ng Pilipinas » (BSP).

Cette nouvelle loi a un but précis : « augmenter les réserves internationales brutes du pays », qui sont composées de réserves d’or, de devises étrangères, de droits de tirage spéciaux et d’autres actifs. La banque centrale explique dans un communiqué qu’elle va désormais pouvoir augmenter ses achats d’or local – via des négociants agréés – afin de « renforcer encore le niveau des réserves internationales, qui sont le premier rempart du pays contre les chocs économiques externes ». La BSP achètera cet or en peso, la devise philippine.

Marché noir

L’institut monétaire philippin possède 10 % de ses réserves de change en or, soit près de 198 tonnes, selon les données du Conseil mondial de l’or (CMO), ce qui place le pays asiatique en 22e position sur la liste des détenteurs d’or de la planète. En volume, le niveau des réserves philippines a toutefois très peu bougé depuis fin 2011, année où une taxe a été imposée. En 2010, la banque centrale achetait encore 900.000 onces d’or localement, contre 10.000 cette année, soit un plongeon de 99 %.

Avec cette loi, les autorités entendent aussi lutter contre la contrebande d’or. Légalement, la totalité de l’or produit par les petits producteurs devrait être vendue à la BSP. Mais ces sociétés minières ont contourné la taxation qui a été introduite en 2011 en vendant leur or sur le marché noir.

Manille pourrait donc faire à nouveau des emplettes d’or, à l’instar  d’autres banques centrales émergentes . Ces dernières sont d’ailleurs de plus en plus nombreuses à vouloir notamment « dé-dollariser » leurs réserves de change de sorte que leur économie dépende moins de cette seule devise. L’association des tensions géopolitiques, de l’évolution structurelle du commerce mondial et de la vision à long terme sur le billet vert jouent.

À noter

La banque centrale serbe pourrait acheter 10 tonnes d’or cette année et potentiellement 20 tonnes en 2020, par « mesure de sécurité », dit un journal local. La Serbie détient aujourd’hui 20,6 tonnes.

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