Ivalua, star montante du logiciel français, lève 60 millions de dollars

L’éditeur de logiciels français Ivalua, nouvelle licorne française ? Discrète, car très tournée vers les Etats-Unis depuis 2011, l’entreprise, née en janvier 2000 à Orsay (Essonne), revendique désormais ce titre attribué aux jeunes pousses valorisées au moins 1 milliard de dollars. Elle a officialisé ce mardi 21 mai une levée de fonds de 60 millions de dollars.

Comme Doctolib ou Deezer, ce spécialiste du logiciel de gestion des achats dit valoir désormais plus que le fameux milliard de dollars. Son chiffre d’affaires progresse de 50 % par an. L’entreprise colle donc aux critères de classement dans le prestigieux palmarès des licornes, sauf que… elle a atteint ces résultats en quasiment vingt ans. Or, d ‘après la définition stricte des « licornes », elles sont supposées y parvenir en moins de dix ans.

« Nous n’avons pas le parcours typique d’une start-up », convient David Khuat-Duy, le fondateur de la société aux 65 millions de dollars de revenus en 2018. Pendant les onze premières années de son existence, l’entreprise s’est autofinancée, complètement concentrée sur ses technologies et ses clients en France.

Mais cette époque est de l’histoire ancienne. Depuis une première levée de fonds de 3 millions d’euros en 2011 auprès d’Ardian Growth et surtout le financement de 70 millions de dollars obtenu auprès de KKR en 2017, les ambitions d’Ivalua ne s’arrêtent plus aux frontières. « Ils ont pris tous les risques, applaudit Laurent Foata, le responsable du fonds Ardian Growth. Quand nous avons investi la première fois ils n’avaient personne aux Etats-Unis, ils sont maintenant plus de 200. » Au total, l’entreprise compte 450 salariés, dont 177 en France.

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D’ici à 2023, David Khuat-Duy espère générer 500 millions d’euros de chiffre d’affaires par an. « Le marché du logiciel d’achat, c’est comme celui du logiciel de relation client (CRM) il y a dix ans », pointe-t-il, en référence au succès d’un Salesforce auprès des spécialistes du marketing.

Les directions des achats des grands groupes utilisent tous ce type de logiciels facilitant leurs relations avec leurs fournisseurs et la réception des commandes. « Elles ont de plus en plus de données que nos logiciels analysent pour identifier des sources d’économie », poursuit le patron. « Dans les groupes mondiaux, seule l’informatique rend possible le respect des process », complète Olivier Wajnsztok, directeur associé du cabinet de conseil spécialisé AgileBuyer.

En dépit de sa croissance, Ivalua reste le plus petit des gros sur ce marché dominé par la suite Ariba de SAP. L’Allemand reste discret sur ses chiffres. Coté au Nasdaq, l’Américain Coupa a, lui, réalisé l’an dernier 260 millions de dollars de chiffre d’affaires. « Nous pouvons les rattraper en trois ou quatre ans », explique David Khuat-Duy depuis son bureau en Californie.

A l’occasion de cette nouvelle levée de fonds, Ivalua accueille à son tour de table Tiger Global Management, un fonds d’investissement américain présent chez Spotify et Facebook. Ardian Growth participe également et se renforce au capital. Quant à la suite, la direction se dit pour l’instant « agnostique » : elle pourrait lancer un nouvel appel aux investisseurs ou préparer une introduction en Bourse.

 

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