Les États-Unis accordent un sursis de trois mois à Huawei avant d’imposer les sanctions

Le logo de la firme chinoise Huawei, le 06 mars 2019

Sous l’impulsion de Donald Trump, Google et son système Android devra couper les ponts avec le géant chinois des télécommunications.

Un délai face aux inquiétudes des usagers et des entreprises. Les États-Unis ont finalement donné lundi un sursis à Huawei, qui pourra encore pendant trois mois utiliser des composants et logiciels américains avant la mise en oeuvre effective des sanctions contre le groupe chinois.

Dans un contexte de guerre commerciale entre Pékin et Washington, Donald Trump a décidé la semaine dernière d’interdire les exportations de produits technologiques américains vers certaines entreprises jugées « à risque » pour la sécurité nationale. Avec dans le collimateur sa bête noire, le géant chinois des télécoms Huawei, qui s’est retrouvé nommément sur une liste noire de Washington.

Le géant Google, dont le système Android équipe l’immense majorité des smartphones dans le monde, a annoncé dimanche qu’il allait devoir couper les ponts avec Huawei, ce qui aurait pour résultat d’empêcher le groupe chinois d’accéder à certains services d’Android et ses célèbres applications Gmail ou Google Maps. Cette décision touche aussi toute une série d’entreprises américaines, des vendeurs de logiciels aux fabricants de semi-conducteurs qui fournissent Huawei.

Un temps d’adaptation pour Huawei et ses partenaires

Lundi, les autorités américaines ont semblé vouloir calmer le jeu en décrétant un délai de 90 jours avant d’imposer les sanctions, le temps que Huawei et ses partenaires commerciaux s’adaptent. « Cette licence générale temporaire donne au [secteur] le temps de s’organiser autrement et au ministère [du Commerce] la possibilité de déterminer les mesures appropriées à long terme pour les entreprises de télécommunications américaines et étrangères qui aujourd’hui se servent des équipements d’Huawei pour certains services essentiels », a indiqué le secrétaire au Commerce Wilbur Ross, cité dans un communiqué.

En résumé, cela va permettre aux usagers des équipements Huawei de continuer à s’en servir pour le moment, a-t-ajouté. Huawei est non seulement le numéro deux actuel des smartphones mais aussi un des leaders des équipements des réseaux de télécommunications.

Présent dans 170 pays, il est soupçonné par les États-Unis d’espionnage au profit de Pékin, qui aurait largement contribué à son irrésistible expansion internationale. Washington a déjà interdit par exemple à ses militaires de se servir d’équipements Huawei, qui dément fermement tout espionnage.

 

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