Salesforce réinvestit 125 millions de dollars dans les start-ups européennes

Pour parler d’Europe et de start-up, Salesforce a choisi… Londres. Comme de nombreuses entreprises de technologie américaines, 
le numéro un mondial du logiciel de gestion de la relation-client
y a installé ses forces commerciales et y invitent de nombreux clients. C’est au cours d’un grand raout avec ces derniers que l’éditeur californien est venu dire, ce jeudi 23 mai, tout le bien qu’il pense de l’écosystème des jeunes pousses européennes et annoncer qu’il réabonde son fonds d’investissement dédié au Vieux Continent de 125 millions de dollars. 

En 2015, l’entreprise créée par Marc Benioff s’était déjà engagée à investir 100 millions de dollars sur la scène européenne. Tout a été dépensé. « Nous avons pris des tickets au sein de 50 entreprises dont Akeneo, FinalCAD et Sigfox en France, fait le bilan John Somorjai, le vice-président de Salesforce Venture pour le monde, en tout nous avons investi dans treize pays sur le continent ».

Alors que les start-up européennes lèvent de plus en plus d’argent, Salesforce apporte sa pierre à l’édifice. L’éditeur soutient les entreprises qui pourraient répondre aux besoins de ses propres clients, de façon complémentaire à son offre. La stratégie est la même que celle adoptée par Oracle, un autre géant du secteur logiciel : 
présenter des clients aux start-up.
« Pour nous, un plus un égale dix », se vante Alex Kayyal, le responsable de ce fonds baptisé Europe Trailblazer Fund et très concentré sur les start-up du logiciel en ligne pour les professionnels. 

Les technologies blockchain, fintech et d’automatisation de la saisie de données intéressent particulièrement le fonds. S’il ne s’interdit pas de participer à des séries B, C voire D, la stratégie est de privilégier les tickets minoritaires en série A.

Flatteurs, les cadres de Salesforce ne manquent pas d’arguments pour expliquer leur intérêt pour l’Europe. « Il y a davantage de développeurs en Europe qu’aux Etats-Unis », explique John Somorjai qui renvoie à la success-story d’Anaplan, financé par Salesforce, dont les équipes de codeurs ont démarré aux Royaume-Uni. 

A rebours de l’opinion dominante en France, la fragmentation du marché européen ne les inquiète pas : « les entrepreneurs européens pensant davantage à se développer à l’international », plaident-t-ils. L’assurtech germano-suisse Wefox, soutenue elle aussi par Salesforce, en est un bon exemple d’après eux. Créée en 2015, présente aussi en Autriche et en Espagne, elle revendique des clients partout en Europe.

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